Les Samadhi du Samedi | Ep.11

Les Samadhi du Samedi | Ep.11

Les Samadhi du Samedi – Parler pour comprendre, écrire pour déchiffrer

L’être humain a évolué au fil du temps, à travers la domination des outils sur la nature, la matière et les éléments : le feu, le fer, l’eau, le bois et l’air.
 
Nous envoyons des satellites à l’univers, mais nous ne dialoguons plus en nous regardant dans les yeux, mais au travers d´écrans de plus en plus subtils et sophistiqués. Et nous ne réussissons pas toujours à formuler nos émotions quand nous écrivons un message, un chat, un courriel. Le papier absorbe tout. L’écran tactile est une éponge.
 
Dans la pratique clinique, plus de mariages sont détruits par WhatsApp que par l’adultère, bien qu’une chose n’empêche évidemment pas l’autre.
 
Selon l’INSE, (*) 20% des couples se séparent au bout de 5 ans de coexistence et 27% après 10 ans, et la moitié des personnes entre 26 et 65 ans ont formé un nouveau couple moins de deux ans après leur séparation.
 
Mais est-il indispensable de changer de partenaire pour surmonter la routine quotidienne, l’ennui et redécouvrir un projet de vie, partager des illusions et réinventer le dialogue des sens et des sentiments ?
 
Lorsque le manque de communication s´établit dans un couple, c´est un signe d’échec pour ne pas dire de naufrage.
 
Cela est souvent dû à une perception différente des attentes que nous n´exprimons pas, par crainte de critique ou de rejet. D’autres fois, les frustrations et les craintes de l’enfance provoquent le blocage de nos désirs, accompagné de la plus utopique de toutes les certitudes « s´il (ou elle) m´aimait il (elle) saurait ce que j’aime… »
 
Dans de tels cas, opter pour mettre noir sur le blanc sur une feuille de papier la raison de ce qui nous a blessés, ce que nous ne comprenons pas ou nous effraie est l’un des meilleurs moyens de résoudre le conflit.
 
Cela fonctionne pour la simple raison que lorsque nous déplaçons du tourbillon de notre mental le noyau de notre conflit, ce qui nous a fait mal, ce que l’autre semblait ne pas entendre, notre esprit s’arrête avant d’écrire, prend le temps nécessaire pour observer ce que nous ressentons vraiment.
 
Il évalue le poids et la signification de ce qu’il écrit et l’efface soudainement ou l’écrit en d’autres termes -pour ne pas offenser-ne pas blesser une seconde fois- pour déchiffrer ce que l’autre (a) cherchait à transmettre ou exprimait et n’a pas su ou pu le faire.
 
La force d’un couple naît du désir de partager un projet d´avenir, mais aussi de la compréhension que les différences dans le fonctionnement hormonal de nos cerveaux, ajoutées aux apports culturels et sociaux, induisent des perceptions différentes dans les fonctions des aspects masculins et féminins de notre être.
 
Face à toutes les situations, et en dehors de toute option sexuelle, nous avons des réactions instinctives qui, depuis les cavernes, tendent à être complémentaires lorsque sont établis des codes de compréhension.
 
Mais comme un navire ou une entreprise, si les intervenants ne communiquent pas à temps pour fixer des trajets et des buts, si elles ne partagent pas le même rythme d’action, le même langage psychologique et affectif, s’ils oublient de négocier leurs défis et leurs espaces intimes, la tempête est prévisible et le naufrage inévitable.
 
Parler pour se comprendre soi et l´autre, pour percevoir nos désirs profonds, dévoiler nos peurs, reconnaître nos forces : lourde tâche que seule peut accomplir la voix du cœur humain.
 
(*) INSE Enquête 2016
 

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