Les Samadhi du Samedi | Ep.68

Les Samadhi du Samedi | Ep.68

Les Samadhi du Samedi – Ce qui parle n’a affaire qu’avec la solitude (*)

Tout au long de l’histoire, l’humanité s’est posée des questions autour de ces deux forces qui articulent nos vies : l’amour et la mort.
 
De nombreux penseurs ont proposé des solutions qui ont contribué à former notre conception du monde, notre rapport à l’autre et à l’environnement, mais surtout notre perception du rapport qui existe entre notre conscience et ce que nous voulons créer.
 
Dans un avenir très proche, ces questions vont concerner tout le monde, puisque la précarité, chacun le sait, concernera universellement l’être humain. Cette précarité n’est pas à concevoir uniquement sur le plan économique. Nous sommes à l’époque de l’Autre qui n’existe pas, époque où portant, la solitude elle-même devient problématique.
 
Être isolé socialement est souvent le signe qu’une certaine solitude n’a pas été construite, parce que certains sujets vivent absolument seuls mais ne sont pas isolés et d’autres vivent dans une adaptation apparente à un groupe, ont des amis, des collègues, mais sont absolument isolés, dans le sens où ils n’ont pas de vraie relation, de vrai contact avec qui que ce soit.
 
La psychanalyse a pourtant décelé depuis longtemps qu’être seul s’apprenait : on apprend à devenir seul et on apprend à supporter le sentiment de solitude et à l’explorer.
 
Avant le confinement, les relations professionnelles nous apportaient la fausse compagnie qui faisait barrage à la rencontre de la solitude au vrai sens du terme, c’est-à-dire de ce qu’on peut être soi-même lorsqu’on n’est pas occupé par l’illusion d’une occupation.
 
Cette pandémie met en lumière le désert de sens où errait l’humanité, les silences qui parlent lorsque le monde s’efface, lorsque l’illusion de nos destins en pilotage automatique disparait.
 
A l’inverse des êtres menacés par les guerres, nous ne pouvons construire aucun abri ni inventer aucun système pour endiguer l’ennemi, nous vivons dans l’urgence de ne pas mourir et le besoin d’échapper au réel pour comprendre l’émerveillement d’être en vie.
 
(*) Jacques Lacan (Séminaire Livre xx)

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