Tu finiras clochard comme ton Zola

Tu finiras clochard comme ton Zola

Tu finiras clochard comme ton Zola de Philippe Val

«Où vont ces milliers de choses qui semblent nous occuper tout entier, dont on est persuadé qu’elles vont déterminer le reste de nos jours et qui, soudain, disparaissent ? Où vont ces émotions qui nous gonflent le cœur comme des ballons ? Pourquoi inventons-nous des robots alors que nous devrions inventer des cloches à souvenirs, des attrape-émotions, des filets bien serrés pour préserver ces petits riens qui tressent une vie ? En attendant, je suppose, il nous reste les livres pour nous rappeler qui nous étions…».
 
« Quand il m’a confié la tâche de rédiger son histoire, Philippe m’a dit : “Je voudrais, qu’à la fin, je puisse savoir ce que je garde du siècle passé pour le léguer sans rougir – ou sans frémir – à l’innocence de mon fils.” Tâche délicate… Quelle autre époque française a produit autant de grands esprits qui se sont contentés de prodiguer les leçons d’une morale fondée sur le mépris de l’innocence ?
En suivant ton père pas à pas, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours, j’ai décidé d’écrire ce livre à ton usage pour que sa conclusion prenne la forme d’une évidence qui ne soit pas très éloignée d’un effet comique. Tu sais que son premier métier, et sans doute le seul qu’il exerçât jamais, consistait à divertir les honnêtes gens.
À mesure que je croisais les destins des acteurs de premier plan et des anonymes – du petit commerce, du monde ouvrier, du music-hall, du journalisme ou de la politique – qui ont jalonné la vie de ton père, c’est la fresque tragi-comique du siècle qui apparaissait. C’est ce que nous désirions t’offrir.
C’était éprouvant, mais on a beaucoup ri. Vraiment beaucoup. Dès le commencement. Bien sûr, au début, c’était les choses bêtes et laides qui nous amusaient. Puis on s’est aperçu que les choses intelligentes et belles faisaient encore plus rire, mais d’un rire différent. Un rire avec la gorge un peu serrée, comme il arrive toujours lorsque souffle le courant d’air furtif de la grâce, laquelle est l’expression ultime de la liberté que ton père désire te laisser en héritage. »
 

L’AUTEUR

Philippe Val
Philippe Val, né le 14 septembre 1952 à Neuilly-sur-Seine, est un journaliste, chroniqueur, humoriste, écrivain, auteur-compositeur-interprète et chansonnier français. Il a été à la tête du journal Charlie Hebdo durant dix-sept ans, en tant que rédacteur en chef (1992-2004) puis comme directeur de publication (2004-2009), puis a dirigé France Inter de 2009 à 2014.
 
Il arrête ses études à 17 ans et se lance dans la chanson, pour vivre de ses prestations lors de soirées dans les cabarets puis les cafés théâtre. Il est inspiré par Georges Brassens, Léo Ferré ou Jacques Brel qu’il écoutait petit à la radio et allait voir à Bobino.
 
En 1992, il refonde avec Cabu, après la brève aventure de La Grosse Bertha, le nouveau Charlie Hebdo, héritier du mythique journal des années 1970, et en devient le rédacteur en chef. Par la suite, après la mort de Gébé en avril 2004, il exerce les fonctions de directeur de la rédaction et de directeur de la publication. Il y publie chaque semaine un éditorial dans lequel il pousse des « coups de gueule ».
 
En parallèle à son travail à Charlie Hebdo, Philippe Val intervient fréquemment dans les émissions de Radio France. Il est régulièrement invité dans Le Premier Pouvoir, émission de critique des médias sur France Culture. En 2006-2007, il participe tous les vendredis à l’émission hebdomadaire de José Artur et David Glaser Inoxydable sur France Inter. A partir de septembre 2007, il donne une chronique hebdomadaire dans Le Sept dix de France Inter.
 
éditions : Editions de l’Observatoire

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