Les Jeudis de Julia – La Suite à Machu Picchu

Les Jeudis de Julia – La Suite à Machu Picchu

VENDREDI 21 SEPTEMBRE 2018

4h15 : BIP BIP… BIP BIP… BIP BIP… Le son de mon réveil s’ajoute à celui de tout les autres de la pièce, on commence tranquillement à s’agiter. Préparation des affaires, brossage de dent, pipi, et on est bon.
 
4h40 : Tout le monde est prêt et sorti de l’auberge (un groupe de 7, ça peu parfois être compliqué niveau logistique et timing). En sortant de la ville de Aguas Calientes, on croise l’énorme queue de tous les visiteurs qui vont rejoindre le Machu Picchu en bus. La queue est beaucoup trop longue pour de jeunes ados pleins d’énergie et qui veulent profiter un max du Machu. Allez, on y va à pieds !
 
5h00 : Premier check point, où ils inspectent notre ticket d’entrée et nos cartes d’identité. Ici aussi, la queue est plutôt longue : juste le temps de gober le yaourt et la pomme qui me feront office de petit dej’, et c’est bon, le premier check point est passé. Petite surprise derrière : 1 500 marches bien pentues qu’il faut monter pour atteindre le deuxième et dernier check point avant l’entrée au Machu Picchu. Super, allons-y…
 
5h30 : Ça ne fait même pas 30 min qu’on monte les marches, et on n’est clairement pas près d’être arrivés. C’est horrible, il commence à faire vraiment chaud, et nos cuisses (après les aventures d’hier et notre nuit pas trop reposante) nous font comprendre qu’on commence à les fatiguer…
 
6h00 : Toujours pas en haut, et qu’est-ce que c’est fatiguant ! Je sais que les péruviens sont plutôt de petite taille, et que leurs ancêtres devaient donc être assez petit aussi, mais purée ces Incas, ils devaient faire au moins deux mètres parce que les marches qu’ils ont construites pour arriver à leur sanctuaire sacré font environ un mètre de hauteur chacune… Et il y en a plus de milles ! Aller aller aller qu’on soit bientôt arrivé s’il vous plait !
 
6h30 : On est ENFIN en haut, devant le deuxième check point, à l’entrée du Machu Picchu, tous complètement morts, les cuisses en feu et dégoulinants. On enlève nos t-shirts trempés de sueur pour les laisser sécher vite fait pendant qu’on se repose 15 min, et qu’on parle de ce qu’on va faire. Comme les grèves continuent encore aujourd’hui, on ne partira pas avant 23h ce soir de Hydroelectrica, ce qui veut dire qu’on a le temps. On va pouvoir se balader tranquillou dans l’édifice, sortir vers 13h, et prendre tout le temps qu’on veut pour rejoindre le bus de retour, en s’arrêtant à la petite rivière qui passe par Aguas Calientes pour un petit rafraichissement instantané. Sur le coup, on a tous envie d’y arriver très vite, à ce petit moment de rafraichissement. Mais avant, Machu Picchu !
 
6h45 : Ça y est, on est juste devant l’entrée. Une dame regarde nos billets et nos passeports, dis quelque chose à mon amie péruvienne, qui fait une drôle de tête… «Euh, en fait les tickets que l’on a achetés, il y a la montagne Machu Picchu inclut dedans… On a payé plus cher pour pouvoir la visiter…» Oh mais trop cool ! qu’on se dit tous. Pourquoi elle fait cette tête ? «Le truc c’est que, pour arriver en haut de la montagne, il faut monter des marches, beaucoup de marches… on va devoir monter encore 2760 marches, ce qui est à peu près le double que ce qu’on vient de faire…» Et voilà qu’on la fait tous, la drôle de tête.
 
7h00 : On est dans le Machu Picchu au spot photo. C’est magnifique. L’endroit est magnifique, les environs sont époustouflants, et le sanctuaire est incroyable. Mais on a toujours ce problème dans notre tête : qu’est-ce qu’on fait pour la montagne ? C’est bête, on a déjà payé pour la faire, ce serait stupide de ne pas essayer. «De toute façon, on a le temps puisque notre bus part à 23h. On n’a qu’à le faire tranquillement, sans se presser !»
 
Jeudis de Julia - UFE Pérou
 
7h15 : On est à l’entrée de la montagne, toujours en suspens. Le monsieur de l’entrée nous explique qu’il y a 12 miradors en tout sur la montagne, et que l’on a une vue panoramique à partir du 5ème. On décide de se lancer, quitte à ne pas monter jusqu’au bout.
 
8h00 : Ça y est, on est au 5ème mirador, et oui la vue est magnifique… mais c’est frustrant de ne pas voire mieux que ça, il y a plein de végétation qui gêne la vue… Aller, on continue !
 
9h30 : Après un grand nombre de pauses, plusieurs envies de tout abandonner, et beaucoup beaucoup beaucoup de marches, nous voilà en haut… Et ça valait le coup de monter chaque satanée marche. La vue est tout simplement magnifique, une des plus belles que je n’ai jamais vue. On se trouve un coin sympa, on se pose, et on passe une heure à tout simplement profiter des paysages incroyables.
 
Jeudis de Julia - UFE Pérou
 
10h30 : Après une heure de pur plaisir, il est temps de redescendre pour avoir le temps de visiter le site. Monter les 2760 marches, c’était une chose. Mais les redescendre, après tout ce que nos cuisses ont endurée, c’est tout un autre truc, surtout que les marches sont extrêmement pentues…
 
11h30 : On est de retour en bas… les cuisses et les mollets en compote, mais contents. On profite du temps qui nous reste pour visiter le Machu Picchu et ses merveilles. C’est très impressionnant, mais il a beaucoup de monde, et il fait chaud.
 
Jeudis de Julia - UFE Pérou
 
13h00 : Après avoir bien profité du sanctuaire, il est temps de sortir. On est tous contents, et on va pouvoir rentrer tranquillement, en passant par la rivière bien sûr ! Le temps de trouver la sortie, s’acheter un sandwich pas trop cher, et être prêts pour redescendre, il est 13h30.
 
13h30 : Un des gars du groupe reçoit un message de l’agence du bus qui doit nous ramener à Cusco : on s’est trompé, le bus repart à 16h30, dans 3h… Et nous sommes à 12km de la ville, en haut de 1500 marches, avec 0 énergie… Alors là, PANIQUE. Si on rate le bus, on a aucun moyen pour rentrer à Cusco. Surtout que les 100 soles qui devaient être «suffisants» ont tous été dépensés pour arriver jusqu’ici ! Pas le choix, on a juste une option : se bouger les fesses, et vite.
 
13h31 : On commence à dévaler les marches, et quand je dis dévaler, c’est vraiment dévaler. On court pour descendre ces marches. Je manque de me casser la figure au moins 3 fois, et on arrive en bas en une demie heure, tous sain et sauf (heureusement !)
 
14h00 : Il ne nous reste plus que les 12 petits kilomètres, et on est arrivés. Il faut qu’on le fasse en deux heures, sinon on risque de rater le bus. Pas besoin de vous rappeler que l’on a dormi que 5h après une journée plutôt chargée, qu’on vient de monter quasiment 4000 marches, qu’on les a redescendues (dont 1500 en courant), et que l’on s’est nourris que de sandwichs, de pommes et de yaourts. De toute façon, pas le choix, on se lance.
 
15h00 : Cela fait une heure qu’on marche, on doit en être à peu près à la moitié, on se dépêche autant qu’on peut, et là … il se met à pleuvoir des cordes. Mais attention, pas genre une bonne pluie parisienne, non non, une sacrée pluie tropicale oui. On l’a enfin, notre petit rafraichissement…. On s’arrête 30 secondes le temps de couvrir nos sacs avec nos k-ways, et on est repartis.
 
16h00 : On est enfin à Hydroelectrica.
 
16h30 : Le bus est en retard… quelle surprise de la part des péruviens tiens…
 
17h30 : On est enfin dans le bus, tous complètement claqués, mais contents d’avoir enfin un transport jusqu’à chez nous. Je m’endors en 1 min 30.
 
19h00 : Je me réveille parce que le bus s’arrête… Il fait nuit noire, on est sur une petite route de montagne… et il y a un arbre tombé sur la route qui nous bloque…. Ça nous fait rire (heureusement) Tout le monde sort du bus, chacun choppe un bout, et on réussit tant bien que mal à bouger l’énorme tronc qui nous barre la route. On recommence à rouler…mais pas pour longtemps !
 
19h30 : On arrive à un village, derrière une très longue file de voiture. Qu’est-ce qu’il peut bien se passer ici ? Un blocage de la route par les planteurs de coca bien-sûr ! Et celui-ci, il est prévu qu’il dure jusqu’à 23h. Que faire ? Autant essayer de prendre la nouvelle de façon positive !
 
21h00 : Le blocage continue, et on attend. Heureusement, on a trouvé une épicerie qui vend des bières pas chères, et on a des cartes. On fait passer le temps, et ce n’est pas si embêtant que ça au final !
 
00h00 : Le blocage est finalement levé, on remonte dans le bus, et il redémarre.
 

SAMEDI 22 SEPTEMBRE 2018

5h30 : On arrive à Cusco, tous plus fatigués les uns que les autres.
 
6h00 : ENFIN arrivés dans l’appart, je me rends compte que j’ai oublié mon haut que j’avais mis à sécher à la fenêtre du bus. Mais de toute façon, j’ai tellement peu d’énergie que je ne veux même pas y penser. Je me couche dans mon lit tout douillet, et une dernière pensée me traverse l’esprit avant de m’endormir : et les planteurs de feuilles de coca dans tout ça ?

Julia Natri

À propos de Julia Natri

Jeune étudiante européenne actuellement en échange universitaire au Pérou. Pourquoi européenne ? Parce que j’ai eu la chance de naitre dans une famille plutôt internationale : ma mère est franco-italienne, mon père finnois, et je suis moi-même née en Suède, à Stockholm, où j’ai vécu jusqu’à mes 18 ans, avant de déménager à Dijon pour y faire mes études.

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